Rassemblement et ouverture pour le cantal

Coût double pour l’avion ?

La ligne aérienne Aurillac-Paris est classée « ligne d’aménagement du territoire ». Indispensable à l’économie de l’Ouest Cantal, elle reliait jusqu’en mai 2019, Aurillac à Orly grâce à deux rotations par jour. Le Conseil départemental confie la gestion de cette ligne pour une période de 4 ans à un opérateur privé dans le cadre d’un marché public de type « délégation de service public » (DSP).

Ce service, au même titre qu’une piscine publique, coûte plus qu’il ne rapporte. Son déficit est porté par le Département et ses partenaires : État, Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac (CABA), Région, CCI du Cantal et Interconsulaires (regroupement des chambres de commerce, des métiers et de l’agriculture). Pour la période précédente le déficit s’est élevé à près de 3 millions d’€ par an dont 409 000 € pris en charge chaque année par le Département.

A l’occasion du renouvellement de la DSP lancé fin 2018 le Conseil départemental a souhaité mettre en place une 3ème rotation en mi-journée pour « mieux répondre aux besoins du monde économique cantalien ». Dans ces conditions, le résultat de l’appel d’offres prévoit, pour la période à venir, un déficit à hauteur de 4,25 millions d’€ par an, soit plus de 40 % d’augmentation !

Nous souhaitons vivement que ce reste à financer soit porté par tous les partenaires sans exception, en prenant en compte le surcoût de la 3e rotation. Or, au moment où nous rédigeons ces quelques lignes et malgré l’augmentation probable de la participation de l’Etat, la CABA et le Département pourraient être contraints de prendre en charge chacun près de 800 000 € par an !… le double de la période précédente….

Cette ligne aérienne étant essentielle à l’activité économique du Cantal, il est indispensable que la CCI maintienne sa participation et que la Région prenne en compte le surcoût de la 3ème rotation.

De plus, alors que le Département diminue depuis plusieurs années ses aides dans de nombreux domaines touchant le quotidien des Cantaliens (logement, entretien des routes, environnement, culture, accompagnement des communes…), comment pourrait-on justifier qu’il compense le désengagement d’autres partenaires dans le financement d’une 3ème rotation ?

Pour le groupe Rassemblement et Ouverture pour le Cantal (ROC), Céline Charriaud