Par la baisse des droits de douane le marché Européen ouvre grand ses portes aux pays du Mercosur : Brésil, Argentine Paraguay, Uruguay. Et réciproquement.

 

Si cet accord de libre-échange peut paraître alléchant pour les Européens et notamment les groupes automobiles, qu’en sera-t-il réellement pour l’économie cantalienne ? Nos entreprises trouveront-elles une place dans ce marché de 4 milliards d’euros ?

 

Si je peux comprendre qu’il y ait des accords commerciaux internationaux, ils ne peuvent se construire en fragilisant voire en sacrifiant certains secteurs de notre économie européenne, française et cantalienne.

En effet, ces derniers ne sont jamais gratuits. Aussi, je m’inquiète des dérèglements qu’ils vont engendrer notamment sur le marché de la viande bovine, secteur que je connais bien comme vous le savez.

J’ai toujours défendu la consommation du « mieux de viande ». Pourquoi ? Parce que le mieux de viande, c’est nous !! C’est ce que le Cantal sait produire, entre autres, avec nos vaches nourries aux herbages de nos montagnes.

 

La Salers, l’Aubrac… nos races emblématiques vont se trouver demain concurrencées par les viandes bovines venues d’Amérique du Sud. Au-delà des conditions de production de ces animaux en feedlots, l’utilisation courante d’hormones, d’antibiotiques, va donner un avantage concurrentiel indéniable à cette viande venue d’Amérique du sud.

De même, dans une période où les bilans carbones nous sont bien souvent opposés, quel gain environnemental nous procure le transport de viande dont nous disposons déjà en quantité et qualité ?

Les notions de développement durable ont semble-t-il été reléguées derrière les intérêts commerciaux.

 

Pour l’ensemble de ces raisons cet accord UE- Mercosur m’inquiète au plus haut point. La vision métropolitaine et mondialisée portée par le Gouvernement s’étale une nouvelle fois au grand jour. La France des territoires, des territoires les plus ruraux comme le Cantal, ne pourra sortir indemne d’un tel accord. J’en veux pour preuve que le Gouvernement, via la Commission Européenne, envisagerait déjà en contrepartie de nouvelles aides à nos agriculteurs !… Absurdité d’un système de fuite en avant.

Après la mise en œuvre des 80 km/h, la validation de ce nouvel accord illustre malheureusement la déconnexion de notre Gouvernement des besoins et enjeux de la ruralité. Soit il ne les connaît pas, ne les comprend pas, ne les mesure pas ou alors n’y porte aucun intérêt !

 

Aussi, à mon niveau local, toujours en cohérence avec nos Parlementaires cantaliens qui voudraient prendre position avec moi, je multiplierai les initiatives pour dénoncer cette accord qui pénalisera sans nul doute nos agriculteurs cantaliens.

 

Le Président Macron considère que « cet accord est bon à ce stade ».

Pas moi !

 

Bruno Faure

Président du Conseil départemental